Une sociologie de l’assistance sexuelle

Ma thèse de sociologie soutenue publiquement le 28 novembre 2017 est intitulée « L’invention de l’assistance sexuelle : sociohistoire d’un problème public français ». Vous trouverez la thése ici

Le jury était constitué de

  • Geneviève Cresson, Professeure émérite de sociologie à l’Université Lille 1, directrice de thèse
  • Jacques Rodriguez, Professeur de sociologie à l’Université Lille 3, directeur de thèse
  • Pierre-Yves Baudot, rapporteur, Professeur de sciences-politiques à l’Université d’Amiens, et désormais à Paris Dauphine
  • Virginie de Luca Barrusse, rapporteure, Professeure de démographie à l’Université Paris I
  • Lilian Mathieu, Directeur de recherche CNRS à l’ENS Lyon
  • Isabelle Ville, Directrice de recherche à INSERM.

Cette thèse se situe à l’intersection de plusieurs sous-champs de la sociologie :

  • sociologie de la sexualité
  • sociologie du handicap
  • sociologie des problèmes publics
  • esociolgie des groupes professionnels.

Elle vise à analyser l’émergence d’un nouveau problème public français, celui de l’assistance sexuelle aux personnes en situation, à travers l’étude de l’histoire de la question « handicap et sexualité » en France, mais aussi des formations en assistance sexuelle.

  • Les deux premiers chapitres analysent la genèse et l’institutionnalisation de la question « handicap et sexualité » en France et à l’étranger. L’analyse de la littérature académique révèle un investissement récent des sciences sociales françaises autour de ces questions. La littérature anglo-américaine, fortement influencée par le modèle des disability studies a investi depuis les années 1980 sur ce thème.
  • Le troisième chapitre s’intéresse aux développements des questionnements autour de ce que l’on appelle aujourd’hui la sexualité des personnes handicapées au cours du XXe siècle.
  • J’analyse dans le quatrième chapitre la construction du problème public de l’assistance sexuelle, et notamment les stratégies des collectifs dans la construction de la légitimité de ce dernier.
  • Enfin, le cinquième chapitre est consacré à l’analyse des formations en assistance sexuelle. J’y révèle les tensions entre nécessité d’authenticité, construction du sérieux de la formation et des formateurs, et volonté de ne pas professionnaliser. J’y décris aussi le profil des assistantes sexuelles, je féminse à dessein puisqu’il s’agit majoritairement de femmes, mais aussi les différentes façons d’investir l’assistance sexuelle.

J’essaye ainsi de contribuer à une analyse sociologique de :

  1. l’émergence d’un nouveau problème public français lié à l’intime
  2. la socio-histoire histoire de la question « handicap et sexualité », du handicap et de ses mobilisations
  3. les nouvelles mobilisations de minorités sexuelles 
  4. du travail de la sexualité, une sociologie encore à construire.

Cette thèse a bénéficié d’un financement du ministère de l’ESR, ainsi que deux deux années d’ATER, et quelques mois d’allocations chômages.